Carlos Salem, Un jambon calibre 45

Une semaine. C’est le temps dont dispose Nicolas Sotanovsky, un Argentin qui erre dans Madrid de bar en bar et d’amour en amour, pour trouver Noelia, une rousse qu’il n’a jamais vue.

Et s’il ne la trouve pas: poum ! Serrano, le pittoresque malabar chargé d’exécuter la sentence, a des doigts gros comme des jambons mais un cœur tendre.

Pas comme son patron La Momie. Pour trouver Noelia, Nicolas s’enfonce dans les profondeurs de Madrid, calcinée par le soleil d’août, et celles du corps de Nina, douteuse ex-amie de la rousse.

A ses basques, un détective raté mais amoureux, et un chat de gouttière qui lui triture la conscience. Sotanovsky n’a aucune envie de rentrer à Buenos Aires, mais il n’a aucune raison de rester en Espagne.

Il décide alors de chercher la vérité, même si, comme dit Nina, “la vérité est un con. Il n’y en a pas deux pareils et on rêve toujours de celui qu’on ne connaît pas. On le crédite de plus de secrets qu’il n’en a et tu sais quoi ?

Il n’a pas de mémoire, on le lave et tout est oublié”. Au lieu de fuir, il reste, à cause d’une bouche, une bouche qui est aussi la vérité, même si elle ment tout le temps.

A mille lieues des thrillers à rebondissements et aux intrigues millimétrées, Carlos Salem écrit des polars cabossés, des histoires embrumées d’alcool et sinueuses comme le corps d’une femme.

Je poursuis mon marathon salemien et on traverse ici une étape intéressante, mais aussi quelques redites, en espérant que Salem sache se réinventer pour le suivant.

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  • Dernière modification: 2019/06/19 23:09
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