Bernard-Marie Koltès, Le retour au désert

Dans une ville de province à l'est de la France, au début des années soixante, Mathilde Serpenoise retrouve la maison familiale qu'elle a quittée quinze ans auparavant. Revenant d'Algérie avec bagages et enfants, elle est violemment accueillie par son frère qui l'accuse de fuir la guerre et de revendiquer son héritage. Une bourgeoisie qui se dispute obstinément comme des paysans qui se souviennent éternellement des conflits de village sans en connaître l'origine et qui connaissent chaque borne de leur terrain malgré les ventes, les hypothèques et les abandons ancestraux.

“Mes racines ? Quelles racines ? Je ne suis pas une salade ; j'ai des pieds et ils ne sont pas faits pour s'enfoncer dans le sol.”

...

“La province française est le seul endroit du monde où l'on est bien. Le monde entier envie notre province, son calme et ses clochers, sa douceur, son vin, sa prospérité. On ne peut rien désirer, en province, car on a tout ce qu'un homme désire. Ou alors il faut avoir la tête dérangée, préférer la misère à l'opulence, la fin et la soif plutôt que le rassasiement, le danger et la peur plutôt que la sécurité.”

C'est mon fiston A.R. qui m'a conseillé cette lecture, et je suis resté très partagé. Certes, Bernard-Marie Koltès est génial, et tant au niveau qu'historique que politique, sans parler de l'humour très présent dans cette tragédie… et du théâtre, Le Retour au désert est un petit bijou. Mais il y a un je ne sais quoi sinistre1) et de très moralisateur, jugeant, bref de très… français qui m'a un peu gêné. Dans le doute, va falloir que je m'enfile2) quelques autres pièces du grand Koltès pour me faire une idée plus précise.


1)
je ne sais pourquoi mais j'ai l'image de Pasolini qui me vient en tête… homophobie latente ou ça a un sens?
2)
ah, s'enfiler du Koltès…
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  • Dernière modification: 2019/04/07 11:33
  • par radeff