Carlo Lucarelli, Albergo Italia

À Massaoua quand il fait chaud – et il fait toujours chaud – on peut entendre les rêves des autres. » Dans l’air brûlant du soir, au cœur de la colonie italienne d’Érythrée, une fille des rues, mi-sorcière mi-putain, séduit un soldat de garde. Un peu plus tard, dans le palace Albergo Italia, un homme est retrouvé pendu : suicide ou meurtre ?

On retrouve ici l’atmosphère étouffante et hallucinée de La Huitième Vibration, avec un très pittoresque duo d’enquêteurs aux prises avec un classique problème de chambre close : Colaprico, le carabinier qui n’aime pas monter à cheval, et Ogbà, son adjoint abyssin, Sherlock Holmes qui s’ignore. Colaprico aura bien besoin d’Ogbà pour échapper aux pièges de Margherita, l’aventurière rousse, d’une horde d’assassins terrifiants, d’un faux géologue et vrai agent secret.

Avec l’habileté consommée du styliste et la maîtrise du grand raconteur d’histoires, Lucarelli entrelace les scènes burlesques et les moments magiques et parfumés, pour nous offrir à la fois un très plaisant polar digne des grands ancêtres et un tableau historique aux couleurs puissantes.

Ah, le polar italien, quel plaisir et quelle diversité! Lucarelli campe en moins de cent pages un univers génial, bourré de références historico-polaristiques et c'est fort plaisant, notamment le sublime personnage d’Ogbà, Sherlock Holmes somali, évoquant aussi bien sûr les Bony et autres Leaphorn.

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  • Dernière modification: 2019/01/02 17:45
  • par radeff